Aller à la table des intertitres
Virtuellement tous les systèmes de valeurs imposent le respect d’autrui, exhortant à prendre soin des personnes défavorisées ; et la plupart obligent de plus à aimer son prochain comme soi-même, ce à quoi la religion chrétienne ajoute qu’il faut aimer même nos ennemis, les personnes qui nous empêchent de vivre en paix — ou de vivre comme nous l’entendons. Pour le propos de la présente page, cette idée cible les réfugiés climatiques et toutes les personnes qui souffrent déjà, ou souffriront dans un futur proche ou lointain, des effets de notre dérèglement climatique — y compris nos propres descendants…
Il n’en faut pas plus pour qualifier toute personne qui amplifie sciemment le dérèglement climatique, et/ou qui refuse de lutter contre le dérèglement climatique ou ses effets, comme un être immoral et, dans les religions de Salut, comme une personne de foi morte, donc potentiellement réprouvée si après avoir reçu le Salut par Grâce, elle continue de faire le mal. Les humains sont ainsi tenus de s’informer et d’agir de toutes leurs forces.
Par essence, les religions conduisent les humains à se préoccuper de ce que personne ne manque d’eau fraîche pour se désaltérer, ni de nourriture pour mettre un terme à la faim dans le monde et chez nous en France, aux États-Unis où 20 % de la population se couche tous les soirs affamée. En toute logique, tous les croyants sont disposés à lutter contre le dérèglement climatique de toutes leurs forces, dès aujourd’hui, chaque jour. C’est dans cet esprit que le pape François a publié en 2015 sa deuxième encyclique, Laudato Si’.
En ce qui concerne la religion dont je me réclame – la seule pour laquelle j’ose m’exprimer ici –, je pense que le sauvetage de la Création par les chrétiens échoue à trois fautes : le négationnisme, le rejet sur autrui de notre responsabilité, et la procrastination.
Pape François évoque ces différents comportements dans Laudato Si’, § 14 : « Les attitudes qui obstruent les chemins de solutions, même parmi les croyants, vont de la négation du problème jusqu’à l’indifférence, la résignation facile, ou la confiance aveugle dans les solutions techniques. Il nous faut une nouvelle solidarité universelle. »
Ces comportements évasifs conduisent les ministres du culte, les curés, les pasteurs, les prédicateurs laïcs à estimer prudemment qu’ils ne doivent en aucun cas aborder le sujet du sauvetage de la Création par la voie de la transition alimentaire, bien que cette voie soit la plus rapide et la plus efficace. Les sanctions seraient de deux ordres :
Clairement tous ces arrangements et montages sont en contradiction avec les textes bibliques :
Normalement, les Églises qui se mettent en première ligne dans la lutte pour le sauvetage de la Création gagnent l’admiration des fidèles et connaissent l’affluence qui s’ensuit. Depuis le 28 mai 2018, c’est le gouvernement français lui-même qui torture les animaux, en poussant les députés par des moyens légaux (ceux souhaitant adopter la loi ont été priés de s’absenter lors du scrutin) et illégaux (séance prolongée de 3 heures au delà du maximum réglementaire d’1 heure du matin) à rejeter les amendements pour la protection des animaux d’élevage conformément à l’article 13 du projet de loi agriculture et alimentation — et à l’article L214 du Code rural en vigueur. Dès lors, les Églises semblent craindre de prendre le contre-pied des demandes des lobbies. Est-ce la nouvelle normalité ?
Or Jésus‑Christ nous exhorte à ne pas craindre les hommes plutôt que Dieu (Mt 10,24–33), ce qui fait dire à Yves I‑Bing Cheng, M.D., M.A. :
« Mais le disciple du Christ n’a rien à craindre car un jour toute la vérité sera connue. C’est l’argument que Jésus utilise pour nous rassurer. ‘Ne craignez pas vos persécuteurs car Dieu dévoilera leurs méfaits au jour du jugement, et possiblement même avant.’ Aucun secret ne peut rester indéfiniment caché. Tous les mensonges, toutes les paroles haineuses, tous les mauvais traitements infligés aux croyants devront se soumettre au jugement du Christ. Nous pouvons être certains que la vérité sera alors connue. Si nous croyons sincèrement que Dieu mettra en pleine lumière toutes les activités des hommes et si la justice divine nous inspire confiance, alors nous n’avons pas à craindre les attaques de nos persécuteurs. »
En ce qui concerne nos prières pour que Dieu nous donne la force de prendre nos responsabilités dans le grand sauvetage urgent de la planète Terre, et du climat en particulier, deux constats accablants :
Un nombre inconnu, certainement très grand, d’entre nous continuons de ne pas sauver la planète. Pire : nous n’y songeons même pas, nous ne prenons pas la peine de prier Dieu pour qu’Il arrache la Terre des mains de ceux qui la détruisent (Apocalypse selon saint Jean, ch. 11, v. 18). Et presque personne ne souhaite s’exposer en nous exhortant à le faire.
C’est ainsi que les Églises chrétiennes, qui exercent un ministère de la Parole mais cachent le pan le plus important de la volonté de Dieu pour nous aujourd’hui, peuvent être considérées comme les responsables ultimes du dérèglement climatique et de la déshydratation de nos frères et sœurs dans le monde. On peine sinon à comprendre comment il se fait que lors du Jugement Dernier, seule la moitié de l’humanité sera sauvée, l’autre moitié rejetée. La parabole des dix vierges dans Matthieu 25,1–13 donne le même quota que Luc 17,35 : « Je vous le dis : en cette nuit-là, deux seront sur un même lit : l’un sera pris et l’autre laissé ; deux femmes seront à moudre ensemble : l’une sera prise et l’autre laissée. »
Mise à jour du 17/11/2019
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